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Il y a toujours eu quelque chose de profondément humain au cœur de la musique de Soen. Une tension constante entre lumière et obscurité, densité et apaisement. Avec Reliance, leur septième album studio, le groupe suédois de metal progressif poursuit cette exploration de l’entre-deux, mais semble surtout répondre à une nécessité plus directe : exprimer ce qui est là, sans détour.
À l’heure où ces lignes sont écrites, seuls les premiers titres dévoilés ont été écoutés. Pourtant, ils suffisent à faire émerger une intention claire. Reliance donne le sentiment d’un espace de dépose ou d’une inspiration profonde. Comme si Soen avait ressenti le besoin de mettre à plat ce qui ronge l’esprit et l’âme, de se libérer d’un poids intérieur avant de pouvoir avancer, créer autrement, respirer à nouveau. Il y a dans cet album une forme de besoin primaire : partager ce qui déborde, remettre à d’autres ce qui est porté à bout de souffle et aussi d’appeler à faire preuve de résilience pour retrouver le feu en chacun de nous.
Le chant de Joel Ekelöf incarne pleinement cette démarche. Il semble moins chercher la maîtrise absolue que le lâcher-prise. Une manière de s’abandonner aux mots et aux émotions, sans retenue, sans filtre, sans crainte d’aller au bout de leur sincérité. Cela n’enlève rien à la finesse de ses capacités vocales, au contraire. Cette forme de nudité renforce la justesse du propos. Les morceaux sont directs, structurés, souvent pensés comme des hymnes, et la voix s’y exprime avec une franchise qui frappe juste.
Des titres comme « Primal » ou « Mercenary » misent sur l’impact immédiat, un peu comme lorsqu’on frappe du poing sur la table pour affirmer une vérité. La colère est bien présente, mais elle n’est jamais gratuite. Elle s’accompagne d’une lassitude profonde, d’un sentiment d’impuissance face aux aberrations d’un monde marqué par la division, la corruption et l’emprise constante de la technologie et du pouvoir. Ici, Soen ne cherche pas à divertir : le groupe expose, questionne, partage un ras-le-bol lucide et assumé. Aussi, il invite à s’armer de courage, à se réveiller, à faire face, ensemble.
Lorsque la musique s’ouvre à davantage de retenue, Reliance laisse aussi apparaître des espaces de « respiration ».
« Indifferent », accompagné par le piano et les cordes, offre une pause nécessaire, une complainte moderne où la vulnérabilité, humble, prend le pas sur la confrontation, et où le silence a autant de poids que le son. On y perçoit cette volonté de ralentir, de se poser, de questionner certains comportements humains sans jugement frontal.
Le contenu textuel de Reliance aborde ces réalités avec sincérité. Les bouleversements brutaux de nos sociétés laissent une empreinte nette dans les thématiques exprimées.
À son écoute, on s’arrête.
On s’ancre.
On écoute vraiment.
Et l’on se retrouve face à une question simple mais essentielle : quelle est notre posture face au monde, ici et maintenant, en 2026 ?
Serait-ce une manière volontaire d’aller vers une connexion plus directe avec le public ? Peut-être.
Reliance n’est pas un album faible. C’est un disque solide, habité, qui trouvera naturellement sa place sur scène et parlera à celles et ceux qui découvrent Soen. Mais plus qu’une direction artistique, il semble marquer un point d’ancrage. Une mise à nu nécessaire.
Avec Reliance, Soen se pose. Non pas dans l’immobilité, mais dans une présence pleine, affirmée. Comme un dragon ancien et calme, conscient de sa force, qui inspire profondément, retient son souffle, et se tient prêt. Le feu est là. Il n’a pas encore été craché, mais il brûle déjà, contenu, lucide, maîtrisé.
Reste à savoir quand, et sous quelle forme, il jaillira.

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