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Avec Kæry Ann, l’obscurité n’est pas un décor : c’est un territoire.
Derrière cet alias se tient l’artiste italienne Erika Azzini, qui explore depuis ses débuts une matière sonore située quelque part entre folk sombre, blues psychédélique et rock aux contours gothiques. Son premier album, Songs of Grace and Ruin, posait les bases : une musique belle, lente, presque toxique dans sa manière d’ensorceler.
Avec Moonstone, elle approfondit cette trajectoire. Plus dense. Plus grave. Plus habitée.
Dès les premières minutes, l’atmosphère s’impose. Les guitares ne cherchent pas la démonstration : elles enveloppent, écrasent parfois, puis laissent filtrer des éclaircies inattendues. Le contraste est central.
Le morceau d’ouverture, “Puritatem Tuam Interiorem Serva”, agit comme une invocation. Chanté en latin, porté par une réverbération ample et presque sacrée, il donne à l’ensemble une dimension rituelle. On n’écoute pas simplement Moonstone : on y entre.
Les boucles répétitives induisent un état proche de la transe. La voix d’Erika Azzini, éthérée sans être fragile, flotte au-dessus des instruments comme une présence intermédiaire, ni tout à fait terrestre, ni complètement spectrale.
Ce n’est pas une musique d’arrière-plan. C’est une musique qui exige le silence.
Les thèmes qui traversent l’album : le deuil, les forces naturelles, les luttes intérieures, ne sont jamais abordés frontalement. Ils s’infiltrent.
Il y a quelque chose de profondément organique dans ces compositions : la lenteur des progressions, les montées qui semblent spiraler vers une lumière incertaine, les descentes plus lourdes, presque funéraires.
Pourtant, Moonstone n’est pas uniquement procession. Des éclats psychédéliques surgissent, comme des mirages sous un soleil trouble. “Todeslied”, malgré son titre sans équivoque, dégage une chaleur étrange, presque consolatrice. L’ombre et la douceur coexistent.
Même la reprise de “Shores in Flames” (initialement de Bathory) prend une dimension plus intime, sans perdre son souffle épique. Kæry Ann transforme l’héritage en confession.
Si le premier album portait davantage la marque d’un projet très personnel, Moonstone révèle une implication plus affirmée des musiciens qui entourent Erika Azzini : la basse de Francesca Papi, les guitares de Davide Rosa, la batterie de Fabio Orticoni.
Le résultat est plus progressif, plus dense. La matière sonore gagne en profondeur, en relief. On sent une ambition nouvelle, une volonté de bâtir un univers cohérent plutôt qu’une simple succession de morceaux.
Kæry Ann occupe une place singulière dans ce paysage nocturne. On pense parfois à certaines figures du dark folk contemporain, mais la comparaison s’arrête vite : son approche reste profondément personnelle.
Erika Azzini n’interprète pas simplement ses chansons. Elle les incarne.
Elle est à la fois le médium et la présence invoquée.
Les lignes vocales de “Hero and Leander”, tendues et presque post-punk, ou les complaintes marines de “Mariner’s Song”, s’installent durablement en mémoire. Comme des comptines anciennes, légèrement inquiétantes.
Ce qui frappe dans Moonstone, c’est l’équilibre.
La noirceur n’écrase jamais totalement la lumière.
La densité n’étouffe pas l’émotion.
Il en ressort une sensation étrange de proximité, presque de confidence. Comme si l’album nous invitait à partager une chambre obscure, sans jamais nous y enfermer.
Kæry Ann continue de façonner un cocon de noirceur aux formes mouvantes. Et si Moonstone marque une évolution plus ambitieuse, il confirme surtout une chose : cette obscurité-là n’est pas une posture. C’est une matière vivante.
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Texte : Nuna Site web – L’Univers de Nuna
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