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Depuis la Tunisie, Primordial Black poursuit une trajectoire qui force le respect. Après un premier EP (Monas Hieroglyphica, 2024) salué par la presse internationale et soutenu par le label français M&O Music, le groupe franchit une nouvelle étape avec 𝑫𝒂𝒓𝒌 𝑴𝒂𝒕𝒕𝒆𝒓 𝑴𝒂𝒏𝒊𝒇𝒆𝒔𝒕𝒐. Plus qu’un simple successeur, cet album agit comme une prise de position artistique claire et réfléchie.
Mené par Yasser Mahammedi Bouzina, Primordial Black s’inscrit dans une démarche où la musique sert avant tout de catharsis. Le blackened death metal du groupe ne cherche pas l’accumulation ni la démonstration technique gratuite. Il avance au contraire sur une ligne de tension constante, nourrie par l’angoisse existentielle, la peur de l’inconnu, l’effritement du réel et la conscience aiguë de la mortalité. Des thématiques déjà perceptibles sur Monas Hieroglyphica, mais ici poussées à un niveau de cohérence et de maturité supérieur.
Musicalement, Dark Matter Manifesto s’articule autour d’une dualité marquée : des structures lourdes et écrasantes côtoient des passages plus dissonants et mélodiques, hérités autant du black metal que d’une vision plus atmosphérique du death metal. Les riffs, volontairement simples dans leur construction, misent sur l’impact et la répétition hypnotique plutôt que sur la virtuosité. Une approche revendiquée par Bouzina lui-même, qui transforme ses limites techniques en choix artistiques cohérents.
La guitare de Walid Chaaben joue ici un rôle central. Son phrasé glacé et ses leads dissonants viennent fissurer la masse rythmique, apportant une instabilité permanente au discours musical. La batterie, assurée par Selim Bouladi en tant que batteur de studio, renforce cette sensation d’urgence et de déséquilibre, oscillant entre précision froide et déchaînements plus tribaux. L’ensemble reste tendu, sans jamais chercher l’effet spectaculaire.
L’album gagne également en profondeur grâce à des collaborations choisies avec soin, notamment Athanasios “Sakis” Tolis (Rotting Christ) et Maxime André Taccardi (Osculum Serpentis, Saturnian Tempel…). Ces participations ne viennent pas diluer l’identité du groupe, mais au contraire l’ancrer dans une filiation assumée, sans mimétisme. Les influences sont perceptibles, jamais envahissantes.
Sur le plan conceptuel, Dark Matter Manifesto se distingue par sa cohérence. Chaque morceau s’inscrit dans une réflexion globale sur l’effondrement, qu’il soit intime, social ou cosmique. Il ne s’agit pas ici de discours ésotérique plaqué, mais d’un questionnement sincère sur ce qui subsiste lorsque les repères s’effacent. L’album invite à regarder l’abîme sans détour, sans promesse de rédemption facile.
Avec Dark Matter Manifesto, Primordial Black confirme qu’il ne s’agit pas d’un projet éphémère ni opportuniste. Le groupe s’impose comme une voix singulière au sein de la scène underground, capable de proposer une œuvre exigeante, lucide et profondément habitée. Un album qui ne cherche pas à plaire à tout prix, mais qui marque une étape déterminante dans la construction de leur identité artistique.

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