
Dans un paysage où les grands festivals rivalisent de jauges, de scènes gigantesques et de programmations toujours plus impressionnantes, le...
Sur le papier, il y a des groupes internationaux, deux journées de concerts, du heavy, du thrash, du death et tout ce qu’il faut pour satisfaire les amateurs de décibels.
Pour autant, réduire le Barbeuk à son affiche serait passer à côté de l’essentiel car ce festival raconte autre chose.
Une autre manière de concevoir un rendez-vous metal. Une autre manière d’accueillir le public, les artistes et les bénévoles. Et peut-être, surtout, une autre manière de faire vivre la musique dans un territoire.
Dans un paysage où les grands festivals rivalisent de jauges, de scènes gigantesques et de programmations toujours plus impressionnantes, le Barbeuk Metal Fest a fait un choix presque à contre-courant : rester à taille humaine.
Ce n’est pas une formule marketing lancée au détour d’un communiqué. La jauge est volontairement limitée. L’objectif est de conserver cette proximité qui devient parfois difficile à trouver dans les manifestations de grande ampleur.
Et cette dimension change beaucoup de choses.
On ne vient pas seulement assister à des concerts. On peut prendre le temps de découvrir un groupe, discuter, croiser des musiciens, rencontrer d’autres passionnés, …
Le Barbeuk ne cherche donc pas à reproduire les codes d’une énorme machine à festivals.
Il construit son propre modèle.
Cette proximité ne signifie pourtant pas que l’ambition musicale soit réduite.
Bien au contraire.
Pour cette quatrième édition, le festival a une nouvelle fois choisi de mélanger formations françaises et internationales, avec notamment Grave Digger, Liv Sin, Fury, Suicidal Angels, Schizophrenia, Mortal Sin, Hidden Intent ou encore Cage Fight, aux côtés de nombreuses formations françaises.
Le vendredi s’oriente vers le hard & heavy, tandis que le samedi fait monter la pression avec une journée consacrée au thrash et au death metal.
Mais l’intérêt de cette programmation ne réside pas uniquement dans la présence de quelques noms susceptibles d’attirer immédiatement l’attention.
Il réside aussi dans la possibilité de découvrir.
Découvrir un groupe que l’on ne connaissait pas. Arriver pour une tête d’affiche et repartir avec le souvenir d’une formation programmée quelques heures plus tôt. Donner une chance à des artistes qui n’auraient peut-être pas bénéficié de la même visibilité ailleurs.
C’est aussi cela, faire vivre une scène.
Il suffit de regarder ce qui se passe autour des concerts pour comprendre que le Barbeuk ne se résume pas à une scène et à une succession de groupes.
Les activités OFF : sortie en kayak sur le ruisseau de Hâvre en partenariat avec L.A. Kayak, concert à la piscine du groupe Distillery, sont venu faire patienter les festivaliers le temps de l’ouverture du site du festival, en leur offrant l’opportunité de découvrir un peu plus la région. Des exposants venus de différentes régions, de la restauration avec du « fait maison », des bars, le festival sait s’investir dans tout un environnement.
L’ART’Com (Association des commerçants de Champtoceaux) a même organisé un mini marché de producteurs locaux le dimanche matin, afin que les derniers festivaliers encore sur place, puissent repartir avec un produit local… L’idée de départ n’était pas mauvaise mais hélas à revoir ! Car l’emplacement choisi était au niveau du passage des voitures qui quittaient le festival. Ce qui offrait aux peu d’acheteurs présents, la poussière du champ en cadeau ! Quel délice !
C’est probablement là que son identité devient particulièrement intéressante.
Ce festival ne demande pas au territoire de disparaître derrière lui.
Il fait l’inverse. Il s’inscrit dedans.
Champtoceaux n’est pas seulement le lieu où sont installées les scènes. Le village devient une partie de l’expérience. En juillet déjà, Champto’Live, dont l’idée a émergée depuis ART’Com, a permis de faire vivre le centre-bourg aux couleurs du rock et du metal, avec deux concerts programmés par le président de la Barbeuk Metal Asso qui a aussi apporté la majeure partie des décorations des vitrines sur la thématique du metal : une manière de créer du lien entre les commerces et les festivaliers.
Il y a quelque chose d’assez révélateur dans le nom même du festival.
Le « Barbeuk » pourrait n’être qu’un jeu de mots.
Il est devenu une philosophie.
La restauration occupe une place importante dans l’expérience proposée aux festivaliers, avec une volonté affichée de privilégier les produits locaux. Le camping et le parking sont accessibles gratuitement, ce qui contribue également à cette volonté de proposer un week-end plutôt qu’une simple soirée de concerts.
On vient pour écouter du metal. On reste pour l’ambiance. On mange ensemble. On échange.
On prend le temps.
Et finalement, cette simplicité participe probablement davantage à l’identité du festival que n’importe quel effet spectaculaire.
Dans un festival à jauge limitée, la relation avec les artistes peut également prendre une autre dimension.
Le public n’est plus seulement une masse située devant une scène.
Il devient une communauté de passionnés.
C’est particulièrement visible dans les rendez-vous qui accompagnent les concerts. Cette année, la présence de Lucas Fox, premier batteur et cofondateur de Motörhead, ajoute encore une dimension particulière à cette volonté de créer des rencontres autour de la culture metal.
Le festival accueille ainsi non seulement des musiciens venus jouer, mais aussi des personnalités capables de transmettre une histoire, une expérience et une mémoire du genre.
Parce que le metal n’est pas uniquement une musique.
C’est aussi une histoire. Des parcours. Des rencontres. Des souvenirs. Et une transmission entre générations.
Il serait également facile d’oublier que ce type d’événement participe à faire découvrir un territoire qui n’est pas spontanément associé au metal.
Champtoceaux est pourtant un décor assez singulier pour accueillir un festival de cette nature : la Loire, les coteaux, les vignes, le patrimoine et les paysages deviennent presque le contrechamp naturel des amplis et des guitares.
Le résultat est plutôt réjouissant.
Après plusieurs heures de saturation sonore, il suffit parfois de sortir du site pour retrouver le calme ligérien.
Le contraste fait partie de l’expérience et c’est peut-être précisément ce qui rend le lieu si particulier.
Derrière le Barbeuk Metal Fest, il y a une association dont l’objectif affiché est de promouvoir le rock et le metal à travers des manifestations culturelles, dans une ambiance conviviale et respectueuse.
Cette dimension associative mérite d’être soulignée.
Parce qu’un festival indépendant ne fonctionne pas comme un produit que l’on pourrait simplement commander, installer et démonter.
Il repose sur des personnes, des bénévoles, des partenaires, des techniciens, des artistes, des prestataires, des acteurs locaux ainsi que la municipalité et la Région.
Et sur une quantité considérable de travail que le public ne voit généralement jamais.
C’est probablement l’une des grandes forces du Barbeuk : derrière l’affiche et les décibels, on perçoit encore le projet humain.
C’est finalement là que se trouve peut-être le véritable défi du Barbeuk Metal Fest.
Grandir, oui. Mais pas à n’importe quel prix.
Le festival a déjà suffisamment grandi pour attirer des formations internationales et trouver sa place dans les rendez-vous metal de l’ouest. Pourtant, son identité repose encore sur cette proximité, cette convivialité et cette volonté de proposer autre chose qu’une simple succession de concerts.
La question n’est donc plus vraiment de savoir si le Barbeuk peut devenir plus important.
La vraie question est plutôt : comment grandir sans devenir ce que l’on n’a jamais voulu être ?
Et c’est une question intéressante pour n’importe quel festival indépendant.
Parce qu’au fond, la réussite ne se mesure pas uniquement au nombre de billets vendus ou au nombre de groupes affichés.
Elle peut aussi se mesurer au nombre de personnes qui repartent en se disant :
« J’ai passé un putain de bon week-end. »
Et sur ce terrain-là, le Barbeuk semble avoir compris quelque chose d’essentiel.
Un festival n’est pas seulement une scène, c’est un lieu où des gens décident de se retrouver.
Et pourtant, tout ce que nous venons de décrire n’est que la partie émergée du projet.
Parce qu’un festival de cette taille ne naît pas quelques jours avant l’ouverture des portes.
Derrière les deux journées de concerts, il y a des mois de préparation :
Des échanges avec les groupes H24 et 7/7 jours
Des négociations
Des réservations.
Des déplacements à faire et à organiser
Des hébergements à trouver
De la communication à acter
Du marketing digital à assurer
Des documents à produire
Des imprévus à résoudre
Des repas à prévoir
Des besoins techniques à anticiper
Des bénévoles à coordonner
Des partenaires à convaincre
Des dizaines de décisions dont le public ne saura probablement jamais rien
Des heures nocturnes à cogiter
Et c’est précisément cette partie-là que nous avons voulu regarder de plus près.
Car cette année, j’ai eu la possibilité de suivre le Barbeuk Metal Fest de l’intérieur, au fil de sa préparation.
Pas seulement à travers les annonces officielles, pas uniquement depuis la fosse mais depuis les mois qui précèdent l’ouverture des portes.
Une perspective que les articles consacrés au festival ne peuvent généralement pas raconter.
Alors, avant de découvrir le Barbeuk tel que vous l’avez vécu les 21 et 22 août, découvrons comment il s’est construit.
Parce que derrière les amplis, les lumières et les riffs, il y a une autre histoire.
Et celle-là commence bien avant le premier accord.
Avant les scènes, les groupes internationaux, les bénévoles, les partenaires et toute la mécanique nécessaire à l’organisation d’un festival, il y avait une envie.
Et même avant cela, il y avait un adolescent.
Sébastien Benoist, que beaucoup connaissent aujourd’hui sous le nom de TySeb sur les réseaux sociaux, vient de Bretagne. Comme beaucoup de passionnés de metal de sa génération, il rêve alors d’une chose : se rendre au Wacken Open Air, en Allemagne, l’un des rendez-vous incontournables de la planète metal.
Mais entre le rêve et sa réalisation, il y a parfois une question toute simple : comment fait-on pour y aller ?
Se révèle alors chez Sébastien, sa capacité à organiser, l’importance pour lui d’accueillir les gens avec bienveillance et un certain confort. Et c’est ainsi qu’il va trouver sa propre réponse.
Plutôt que de regarder le festival de loin, il décide de louer un bus et de proposer aux personnes qui, comme lui, souhaitent faire le déplacement, de les emmener avec lui.
L’idée est simple.
Et elle va pourtant avoir des conséquences bien plus importantes qu’il ne pouvait probablement l’imaginer à l’époque.
Car en organisant ce voyage, il ne fait pas que trouver un moyen de transport pour rejoindre le Wacken. Il découvre un univers : celui des rassemblements metal – et tout particulièrement en plein air – leur fonctionnement, leur atmosphère, leur capacité à réunir des passionnés venus d’horizons différents autour d’une même musique.
Et surtout, il découvre ce que peut provoquer un festival lorsqu’il devient un véritable lieu de rencontre.
Au retour de cette expérience, une idée commence alors à faire son chemin.
Pourquoi ne pas créer quelque chose de similaire là où il vit et le faire découvrir à celleux qui n’y ont pas accès ?
Pas un Wacken miniature ni une pâle copie.
Simplement un rendez-vous à son échelle, avec les moyens dont il dispose, pour réunir des personnes qui partagent la même passion.
À ce moment-là, il n’est évidemment pas question de grosse production, de programmation internationale ou de cahier des charges complexe.
Il y a surtout une envie.
Alors Sébastien, âgé d’à peine 17 ans, fait avec ce qu’il a : un terrain, un barbecue, de la musique metal, quelques personnes autour et l’idée de passer un bon moment ensemble.
C’est ainsi que naît le premier Barbeuk.
Rien d’officiel encore, pas de grande structure, pas de festival installé dans le paysage culturel.
Juste une initiative portée par la passion et l’envie d’ouvrir un espace en plein air pour y rassembler le metal et des festivaliers.
Mais parfois, les projets les plus durables commencent précisément comme cela : sans plan à dix ans, sans ambition démesurée, simplement avec quelqu’un qui se dit qu’il devrait bien être possible de créer quelque chose.
Ce premier rendez-vous va devenir le point de départ d’une aventure qui, au fil des années, va prendre de l’ampleur, se structurer et attirer de plus en plus de monde.
Le barbecue improvisé va progressivement laisser place à un véritable festival.
Mais l’idée originelle, elle, restera.
Réunir des passionnés autour du metal et partager un bon moment.
C’est finalement peut-être la meilleure définition du Barbeuk.
Et pour comprendre comment ce premier barbecue a pu devenir le Barbeuk Metal Fest que l’on connaît aujourd’hui, il faut maintenant remonter le fil de cette histoire.
Les premières années, le Barbeuk reste avant tout une histoire de retrouvailles.
Des passionnés se retrouvent autour de la musique, partagent un moment, discutent, font connaissance. Et comme cela arrive souvent lorsqu’une même passion rassemble des personnes qui ne se seraient peut-être jamais rencontrées autrement, des liens se créent, des amitiés se nouent.
Le rendez-vous prend progressivement une dimension qui dépasse la simple réunion autour d’un barbecue. Ce qui se construit, ce sont des souvenirs communs et, surtout, une véritable communauté.
Une jolie anecdote est même née au Barbeuk !
L’un des premier groupe à y jouer a été Motocultor, en remplacement du groupe Arcania, lors de l’édition du 19 août 2006 précisément ! Ça vous parle ?! Et oui, c’est bien Yann et Maël, musiciens du groupe – au centre sur la photo – qui ont eu l’envie de créer à leur tour un festival metal en Bretagne !
Cette découverte du festival plein air avec en prime leur expérience respective du bénévolat exercée au festival de Saint-Nolff aura fait mouche ! Un an plus tard, ouvrait leur premier Motocultor Festival en août 2007 !
Puis, comme cela arrive aussi dans la vie, les priorités des uns et des autres changent.
La vie de famille prend le dessus et conduit Sébastien à mettre entre parenthèses cette passion particulière : celle d’organiser, de rassembler et de créer des moments autour de la musique metal.
Le projet s’arrête mais l’envie, elle, ne disparaît jamais vraiment.
Il faudra attendre plusieurs années avant qu’elle ne refasse surface.
En 2022, Sébastien décide de reprendre du service.
Cette fois, l’aventure ne se déroule plus en Bretagne, mais dans le Maine-et-Loire (49), à Champtoceaux, commune historique aujourd’hui rattachée à Orée-d’Anjou, où il vit désormais.
À une trentaine de minutes de Nantes et une quarantaine d’Angers, le décor est posé.
L’idée de départ reste finalement assez proche de celle des premières années : créer un rendez-vous en plein air, un peu roots, autour du metal et réunir des passionnés tout en créant du lien entre les partenaires, professionnels et les acteurs locaux. Parce que partager aussi ses compétences et ses talents, pour Sébastien, ça fait partie de la richesse humaine.
Mais cette fois, le projet va prendre une autre dimension.
Pour cette première édition, il ne s’agit plus simplement d’organiser une rencontre entre amis. Il faut désormais penser programmation, organisation, communication, logistique, accueil, bénévoles…
Et surtout, il faut une structure.
Sébastien se tourne alors vers un outil qu’il connaît déjà bien : les réseaux sociaux.
Il fait appel à ses contacts, sollicite les personnes de son réseau et lance un appel à celles et ceux qui souhaitent participer à cette nouvelle aventure.
L’objectif est clair : rassembler autour de lui une équipe suffisamment motivée pour donner une existence officielle au projet.
Petit à petit, les personnes répondent présentes.
Une équipe se constitue. Il ne la choisi pas vraiment mais lui offre toute sa confiance car là encore, mettre en avant les savoir-faire de chacun est l’une des ses priorités .
Et une association Loi 1901 voit le jour : Barbeuk Metal Asso.
Cette étape peut sembler administrative. Elle est pourtant fondamentale.
Car à partir de ce moment, le Barbeuk n’est plus seulement une idée portée par un passionné qui souhaite organiser un rassemblement.
Il devient un projet collectif, une association, une équipe. Une organisation capable de porter un véritable festival.
Le Barbeuk Metal Fest peut officiellement commencer son histoire.
Et si l’on regarde aujourd’hui ce qu’est devenu le festival, il est assez amusant de constater le chemin parcouru depuis le premier barbecue improvisé en Bretagne !
Entre les deux, il y a eu des années, des rencontres, des amitiés, une pause puis un nouveau départ.
Et surtout, une même idée qui n’a finalement jamais vraiment changé : réunir des gens qui aiment le metal et leur permettre de vivre quelque chose ensemble.
La suite, elle, va raconter comment cette première édition de 2023 va progressivement transformer l’idée en véritable rendez-vous, jusqu’à conduire au Barbeuk Metal Fest que nous connaissons aujourd’hui.
Et là encore, l’histoire est loin d’être terminée.
Sébastien n’est pas arrivé dans l’organisation de festivals avec un mode d’emploi sous le bras.
Il a appris.
Au fil des événements, des rencontres, des réussites, des difficultés et de toutes ces expériences qui finissent par constituer un véritable savoir-faire.
Et cette manière d’apprendre en faisant est encore profondément présente dans le fonctionnement du Barbeuk Metal Fest car chaque nouvelle édition apporte son lot de nouveautés, de contraintes et de solutions à inventer.
Avec son équipe, Sébastien recommence chaque année l’aventure presque depuis zéro.
Le site du festival n’est pas un espace permanent conçu pour accueillir plusieurs milliers de personnes.
C’est un terrain agricole, loué ou mis à disposition pour l’occasion, souvent après avoir été utilisé pour les récoltes.
Et lorsqu’il est récupéré par l’organisation, il faut tout imaginer, tout construire et tout installer.
Un terrain agricole doit alors progressivement devenir un véritable site de festival.
Avant même que le premier groupe ne puisse monter sur scène, il faut penser aux réseaux, aux accès, à l’accueil, à l’hébergement, à l’hygiène, à la sécurité, aux espaces techniques et à tout ce qui permettra au public de vivre correctement son week-end.
Il faut parfois creuser des tranchées pour faire passer la fibre, construire des toilettes sèches, installer les différents espaces, acheminer et mettre en place le matériel, préparer les zones d’accueil, monter les structures, organiser le camping, créer les espaces réservés aux artistes, aux médias et à l’équipe de l’association.
Et tout cela sur un terrain qui, quelques jours auparavant, n’avait rien d’un festival.
C’est probablement l’une des particularités les plus révélatrices du Barbeuk.
Une grande partie de ce qui est nécessaire doit être fabriquée, adapté, récupéré, trouvé ou organisé.
Il ne suffit pas de commander une prestation et d’attendre qu’elle arrive. Il faut chercher des solutions. Et souvent les fabriquer soi-même.
Cette logique vaut pour les infrastructures comme pour les équipements indispensables à l’accueil du public. Le camping gratuit en est un bon exemple.
Lorsqu’aucune restriction liée à la sécheresse ne l’empêche, des douches gratuites sont également proposées aux festivaliers. Ce sont des services qui peuvent sembler évidents lorsqu’on arrive sur un festival. Ils le sont beaucoup moins lorsqu’il faut les mettre en place sur un terrain agricole temporairement transformé en espace d’accueil.
Au fil du montage, le terrain change progressivement de visage. Les espaces d’accueil prennent forme, des Algécos (constructions modulaires) apparaissent.
Certaines sont destinées aux artistes, d’autres aux médias, aux tatoueur.se et barbier ou encore au bureau de l’association.
Les zones techniques se mettent en place.
Les différents espaces commencent à communiquer entre eux.
Et puis arrive le chantier le plus impressionnant : la scène.
Une structure suffisamment importante pour accueillir pendant deux jours des formations françaises et internationales, avec leurs musiciens, leurs instruments, leurs équipes et leurs exigences techniques.
Des groupes qui, pour certains, parcourent des milliers de kilomètres pour venir jouer à Champtoceaux. Des artistes qui arrivent parfois de l’autre côté de l’Atlantique.
À cet instant, le contraste est assez saisissant. Quelques jours auparavant, il y avait un champ.
Quelques jours plus tard, il y aura une scène, des lumières, des amplificateurs, des centaines de mètres de câbles, des loges, des espaces techniques, des festivaliers, des bénévoles et des musiciens venus de plusieurs pays.
Et entre les deux, une équipe entière de bénévoles aura travaillé sans relâche.
C’est finalement peut-être là que se trouve l’une des clés du Barbeuk Metal Fest.
Sébastien a appris en organisant. Son équipe apprend en exerçant.
Chaque édition apporte son lot de nouvelles expériences qui viennent enrichir la suivante.
Ce qui fonctionne est conservé. Ce qui doit être amélioré l’est.
Ce qui n’avait pas été anticipé devient une leçon pour l’année suivante.
Il n’y a pas de recette magique. Il y a une accumulation d’expérience.
Et cette expérience permet progressivement au festival de gagner en maîtrise sans perdre ce qui faisait son identité au départ.
Parce qu’au fond, le Barbeuk reste fidèle à cette philosophie née bien avant l’existence de l’association :
faire avec les moyens disponibles, trouver des solutions et surtout permettre aux gens de se retrouver autour du metal dans les meilleures conditions possibles.
Ce que le public découvre lorsqu’il franchit les portes du festival est donc le résultat d’un travail qui a commencé bien avant son arrivée.
Un terrain nu devenu un lieu de vie. Une scène montée pour quelques jours. Des infrastructures installées puis démontées. Des espaces entièrement créés pour l’occasion.
Et derrière tout cela, des femmes et des hommes qui ont appris, année après année, à transformer un champ agricole en festival metal.
Et ce n’est toujours que le début de l’histoire.
Aujourd’hui, le Barbeuk Metal Fest vient d’achever sa quatrième édition.
Autour de Sébastien et de l’équipe de Barbeuk Metal Asso, ils étaient plus de 200 bénévoles, accompagnés par les partenaires, les mécènes et toutes celles et ceux qui contribuent, de près ou de loin, à faire exister cette aventure.
Deux jours pour le public.
Mais des mois de travail, et des jours de montage intensif, pour celles et ceux qui les rendent possibles.
Et c’est probablement ce qui permet de comprendre réellement ce que signifie l’expression « festival à taille humaine ».
À première vue, ces mots pourraient laisser penser à un événement tout petit : un festival modeste, presque confidentiel mais il suffit d’y être pour comprendre que l’expression peut avoir une tout autre signification.
Parce que si la jauge reste volontairement maîtrisée, l’humain, lui, prend toute la place.
On se parle, on se rencontre, on échange avec les bénévoles, on croise les artistes, on retrouve des connaissances. On s’en fait de nouvelles.
Les frontières habituelles entre l’organisation, les musiciens et le public semblent parfois beaucoup moins marquées. Et c’est précisément là que le Barbeuk devient grand.
Petit par la jauge, mais immense par les liens qu’il crée.
Au début de la semaine précédant l’ouverture, le terrain agricole ne ressemble encore qu’à ce qu’il est habituellement.
Puis le montage commence.
La scène, véritable pièce maîtresse du festival, commence à prendre forme quelques jours à peine avant l’ouverture des portes. Tout autour, les équipes poursuivent l’installation des différentes infrastructures nécessaires à l’accueil du public, des artistes et des bénévoles.
Mais comme souvent dans l’organisation d’un événement en plein air, tout ne se déroule pas exactement comme prévu.
Des intempéries, passagères mais particulièrement violentes, viennent provoquer quelques dégâts et casses sur le site.
Là encore, l’équipe de montage fait preuve de réactivité.
Prévenus et mobilisés, ses membres apportent rapidement les solutions et les réparations nécessaires afin que le montage puisse se poursuivre dans les meilleures conditions.
Quelques jours avant l’ouverture, le festival se construit donc à marche forcée.
Les structures apparaissent.
Les derniers équipements sont installés.
Les espaces prennent forme.
Et pendant que les bénévoles poursuivent les derniers ajustements en coulisses, les premiers artistes commencent déjà à arriver.
Le festival n’a pas encore ouvert ses portes que l’aventure commence déjà à prendre une dimension internationale.
Dès le jeudi, les premiers artistes rejoignent la région.
Fury.
Liv Sin.
Et Lucas Fox.
L’hébergement ne pouvant accueillir les artistes qu’à partir de 15 heures, une première halte est organisée à la Guinguette de l’Éperon, à Ancenis.
Un repas chaud les y attend.
Un moment de pause avant que ne commence réellement leur séjour ligérien.
Une fois leurs affaires déposées au Château de la Turmelière, à Liré, où ils sont hébergés durant le festival, chacun commence alors à vivre ces premières heures à sa manière.
Certains choisissent de découvrir la région.
D’autres préfèrent profiter d’un peu de repos avant les journées qui les attendent.
Car avant de monter sur scène, les artistes aussi ont besoin de souffler.
Pendant ce temps, sur le site, les derniers préparatifs se poursuivent.
Les équipes de bénévoles finalisent les installations.
Les espaces d’accueil sont prêts.
Les derniers détails sont vérifiés.
Puis arrive enfin le moment que tout le monde attend.
Vendredi 21 août, à 14 heures, le Barbeuk Metal Fest IV ouvre officiellement ses portes aux festivaliers.
Quelques heures plus tôt encore, une grande partie de l’équipe était mobilisée pour terminer ce qui devait l’être.
Quelques jours auparavant, il y avait un terrain en cours de transformation.
Et désormais, les premiers festivaliers franchissent les portes.
Le festival peut commencer.
Depuis les premières années de l’aventure, Sébastien conserve une idée qui semble finalement guider tout le reste : recevoir.
Recevoir les festivaliers, recevoir les artistes, recevoir les bénévoles, faire en sorte que chacun puisse trouver sa place et profiter pleinement de son expérience…
L’objectif n’est pas simplement que les gens viennent assister à des concerts. Il faut qu’ils se sentent bien. Presque comme s’ils arrivaient chez des amis, ou comme s’ils partaient quelques jours en vacances.
Cette volonté d’accueil se retrouve dans les nombreux détails qui composent le festival : le camping, les espaces de vie, la restauration, les animations, l’accompagnement des artistes, les rencontres et toute cette multitude de petites attentions qui ne figurent pas forcément sur une affiche.
Car c’est souvent dans ces détails que se construit le souvenir d’un festival.
On oublie parfois le nom d’une tente ou l’endroit où l’on a posé son sac, mais on se souvient d’une rencontre, d’un bénévole qui a pris le temps d’aider, d’un musicien avec lequel on a pu échanger, d’une soirée passée à discuter avec des inconnus devenus, le temps d’un week-end, des compagnons de route.
L’accueil et la convivialité ne doivent évidemment pas faire oublier une autre dimension essentielle du Barbeuk : la musique.
Pour cette quatrième édition, le festival a proposé une programmation particulièrement ambitieuse pour un événement de cette dimension.
Des formations françaises et internationales.
Du Hard & Heavy.
Du Thrash.
Du Death.
Des artistes confirmés.
Des groupes à découvrir.
Et des musiciens ayant parfois parcouru plusieurs milliers de kilomètres pour venir jusqu’à Champtoceaux.
Le contraste est finalement assez beau.
Un festival qui revendique sa simplicité mais qui n’hésite pas à aller chercher des artistes loin de ses frontières.
Un événement associatif qui construit beaucoup avec ses propres moyens mais qui accueille des formations capables de remplir des scènes bien plus importantes.
Un terrain agricole transformé pendant quelques jours en lieu de rassemblement international.
C’est peut-être cela, finalement, l’esprit du Barbeuk
Quatre éditions après les premières expériences de Sébastien, le barbecue des débuts semble bien loin.
Et pourtant, l’idée originelle est toujours là :
Rassembler.
Partager.
Faire découvrir.
Accueillir.
Créer des souvenirs.
Le festival a grandi, l’organisation s’est structurée, l’équipe s’est étoffée et les ambitions musicales se sont affirmées.
Mais il reste cette volonté de ne pas perdre le lien humain au passage.
Et c’est sans doute ce qui fait aujourd’hui la singularité du Barbeuk Metal Fest.
Un festival à taille humaine ne signifie pas nécessairement un petit festival.
Cela peut aussi vouloir dire un festival où l’humain n’est pas devenu secondaire.
Un festival où, derrière chaque infrastructure, chaque concert et chaque décision, il y a encore des personnes, des bénévoles, des artistes, des passionnés, des rencontres, et une équipe !
Pendant deux jours, le Barbeuk Metal Fest IV a été ce lieu de rencontres, de musique et de partage que son créateur avait imaginé, à sa manière, des années auparavant.
Mais pour comprendre ce qui s’est réellement passé durant ces deux journées, il faut désormais revenir sur le festival lui-même, sur les concerts, sur les rencontres, sur les artistes, sur le public, et sur tout ce que cette quatrième édition a permis de vivre.
Au cours de cette édition, que j’ai eu la possibilité de suivre dans sa construction depuis plusieurs mois, j’ai recueilli de nombreux témoignages.
Ils venaient de festivaliers.
De bénévoles.
D’exposants.
Mais aussi de personnes dont la présence sur le site répondait à une mission bien différente.
Tous avaient pourtant quelque chose en commun.
Leur regard sur le Barbeuk Metal Fest était profondément positif.
Parmi ces témoignages, celui de la responsable de la sécurité civile m’a particulièrement marquée. Depuis la première édition, elle observe l’événement depuis une position et avec une responsabilité professionnelle qui lui permettent d’en appréhender les réalités sous un autre angle.
Et pourtant, elle aussi évoque depuis le début ce caractère familial, convivial et sécurisant qui semble faire partie intégrante de l’identité du festival.
Au fil des mois, puis durant les jours précédant l’ouverture et enfin tout au long du festival, j’ai vu les membres de l’association se démener pour que cette quatrième édition soit mémorable.
J’ai vu des personnes donner de leur temps et de leur énergie puis de leur savoir-faire.
Car derrière l’image d’un festival chaleureux et détendu se cache une organisation qui exige un investissement considérable.
Mais ce que j’ai surtout constaté, c’est qu’un événement de cette nature ne peut exister que si chacun accepte de mettre le projet au centre et non pas sa propre image, ni revendiquer une autre place ou une reconnaissance personnelle. Seulement le projet !
Parce que le véritable succès d’un festival ne devrait jamais se mesurer à celui ou celle qui apparaît le plus dans la lumière.
Un festival ne tient pas debout grâce à une seule personne.
Mais aucune équipe ne peut non plus avancer durablement si ses membres commencent à considérer la réussite des autres comme une menace pour leur propre place.
La force d’un collectif réside précisément dans sa capacité à permettre à chacun d’exister.
Et parfois, la plus belle manière de briller est simplement de permettre à d’autres de briller à leur tour.
Mon appareil photo ne m’a pratiquement pas quittée durant ces deux journées.
Et à force de me croiser sur le site, de nombreux festivaliers et exposants ont fini par me reconnaître. Plusieurs sont alors venus spontanément à ma rencontre. Non pas uniquement pour parler des photographies mais pour me faire part de leurs remerciements.
Pour témoigner de leur attachement au festival et pour me dire à quel point ils étaient heureux que le Barbeuk Metal Fest existe.
Ces témoignages n’étaient pas isolés. Ils revenaient, avec des mots différents, autour de mêmes idées :
La chaleur humaine.
La convivialité.
Le sentiment de se retrouver.
Pour certains, le Barbeuk est devenu un rendez-vous annuel.
Un moment où des personnes parfois dispersées géographiquement se retrouvent enfin, en un seul et même lieu.
On y retrouve des amis. On y rencontre de nouvelles personnes. On y partage un repas, un verre, un concert, un souvenir. Et surtout, on y partage cette joie simple de vivre ensemble un moment de musique dans une atmosphère sereine, détendue et ô combien festive !
C’est probablement ce que de nombreux festivaliers tentent d’expliquer lorsqu’ils parlent du « côté familial » du Barbeuk.
Ce mot revient souvent mais il prend ici un sens bien particulier. Il ne s’agit pas d’un slogan.
Il s’agit du sentiment d’être accueilli quelque part. De revenir dans un endroit où l’on sait que l’on croisera des visages connus. Et où l’on sait également que les inconnus du vendredi pourront devenir les amis du dimanche.
L’esprit du Barbeuk Metal Fest reflète profondément la personnalité de son créateur.
Il en est, à bien des égards, le prolongement.
Cela ne signifie évidemment pas que Sébastien ait construit seul le festival. Une aventure de cette ampleur repose nécessairement sur toutes celles et ceux qui donnent de leur temps, de leur énergie et de leurs compétences pour la faire vivre.
Mais il y a une impulsion initiale, une vision, une manière de recevoir les gens, une façon de concevoir ce que doit être ce rendez-vous.
Et cette vision porte profondément l’empreinte de celui qui, autrefois, a simplement voulu réunir des personnes autour d’un barbecue et de la musique metal.
Aujourd’hui, alors que cette quatrième édition vient de s’achever, le regard se tourne déjà vers l’avenir.
Une cinquième édition devra se construire avec de nouvelles idées, des améliorations, des enseignements tirés de l’expérience mais aussi sur des bases solides et saines.
Car pour qu’un projet collectif puisse grandir durablement, il doit pouvoir s’appuyer sur des personnes honnêtes, réellement investies et suffisamment indépendantes pour exister et rayonner pleinement par elles-mêmes. Des personnes capables de porter leurs propres responsabilités, de faire entendre leurs idées, d’apporter leur pierre à l’édifice et de comprendre que la lumière de l’un n’enlève rien à celle des autres.
Un festival est plus beau lorsque chacun y trouve sa place sans avoir besoin de prendre celle de quelqu’un d’autre.
C’est sans doute l’un des défis qui attend désormais le Barbeuk Metal Fest.
Préserver ce qui fait son âme.
Conserver ce lien humain auquel les festivaliers sont si attachés.
Continuer à grandir.
Mais ne jamais perdre de vue ce qui a permis à cette aventure de naître, puis de durer.
Parce que le Barbeuk Metal Fest est devenu bien plus qu’un simple week-end de concerts.
Pour beaucoup, il est désormais un rendez-vous.
Pour certains, un lieu de retrouvailles.
Et pour d’autres encore, une histoire qu’ils contribuent, année après année, à écrire.
La cinquième édition sera une nouvelle page. À ceux qui la construiront de décider quelle histoire ils voudront y raconter.
LES LIVE REPORTS
Barbeuk Metal Fest Site officiel
Instagram
🟦 Facebook
Texte et photos : Nuna Site web – L’Univers de Nuna
Instagram
Attaché de presse :
Jérôme & Stéphane
de Metal Zone Oxygène Radio Instagram
🟦 Facebook

Dans un paysage où les grands festivals rivalisent de jauges, de scènes gigantesques et de programmations toujours plus impressionnantes, le...

Il y a des albums qui cherchent à vous impressionner par leur complexité, et puis il y a ceux qui...

Il y a des groupes qui cherchent à impressionner dès les premières secondes, et d’autres qui préfèrent installer progressivement leur...

Il y a des groupes qui cherchent à multiplier les artifices, et puis il y a ceux qui préfèrent laisser...

